Agoraphobie n’est pas folie
En présence d’une personnalité névrotique, une tendance trop facile est d’évoquer un vertige psychogénique. Certains sujets sont agoraphobiques parce qu’ils se sentent ébrieux dans certaines circonstances visuelles. Par exemple, traversées de grands espaces, lumières des supermarchés, certains ciels nuageux, arbres couchés par le vent, circulation sur une route plantées d’arbres et ensoleillée. Il s’agit soit de pertes de repères soit de stimulations optocinétiques intenses interprétées comme un mouvement de soi.
Tous ces patients ne sont pas des psychopathes.
On peut d’abord considérer qu’il s’agit de conflits sensoriels entre les appareils vestibulaires et visuels par surstimulation visuelle entraînant des nausées comparables au mal de mer. Dans le terrain migraineux, il existe ainsi des sursensibilités expliquant la photophobie, la phonophobie et le mal des transports dont ces sujets sont classiquement atteints.
D’autres patients présentent une authentique lésion vestibulaire bien compensée. Mais, cette compensation a été obtenue par des substitutions visuelles. Ils sont donc beaucoup plus sensibles aux excès de ces stimuli. Il y a dépendance visuelle.
Par exemple, on a décrit le Syndrome de désorientation de l’automobiliste. Ceux-ci racontent que, surtout sur autoroute, ils ont l’impression que leur auto s’incline, change de trajectoire et n’obéit plus aux commandes. L’épisode se déroule souvent au sommet d’une côte ou à l’occasion d’un dépassement alors qu’ils n’avaient plus de repères visuels. Il peut aussi s’agir de la négociation d’une courbe ou de la rotation autour d’un rond point alors que la force centrifuge agissait sur les otolithes. Là encore, on peut se trouver devant une authentique lésion vestibulaire compensée. C’est qu’en effet, la posture non physiologique de la conduite automobile exacerbe les anomalies otolithiques en rapport avec une asymétrie vestibulaire du fait d’une déprivation sensorielle liée à l’absence de sensations proprioceptives (coussins mous, voire agités de vibrations).
En revanche, s’il n’y a aucun antécédent vestibulaire et peu de sensations d’inclinaison et de déviation, il faut rechercher des arguments en faveur d’une crise de panique : paresthésies périorales et sensations d’oppression thoracique.
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