18.10.09

Idées suicidaires chez les adolescents migraineux

Idées suicidaires chez les adolescents migraineux

Wang et ses collaborateurs rapportent les résultats d’une étude épidémiologique transversale, dont l’objectif était d’évaluer la prévalence d’idées suicidaires et leurs déterminants chez les adolescents migraineux. Ce travail était une partie de l’étude épidémiologique plus large réalisée sur un effectif de plus de 4.000 adolescents taïwanais visant à évaluer les céphalées de l’adolescent.
Le questionnaire rempli par ces adolescents permettait de préciser : les caractéristiques démographiques, le type de céphalée (en utilisant un algorithme basé sur les critères diagnostiques de l’International Headache Society), l’existence d’une dépression (en utilisant un questionnaire spécialement validé pour l’adolescent) et la sévérité fonctionnelle (en utilisant la version « pédiatrique » du questionnaire MIDAS).
Cette étude a ainsi montré que 8,5% des adolescents ayant participé à cette étude rapportaient avoir eu des idées suicidaires dans le mois précédent l’étude. La proportion d’adolescents alléguant des idées suicidaires était plus importante chez les filles et pour les enfants ne vivant pas avec leurs deux parents « biologiques ». Chez les adolescents céphalalgiques, la fréquence des idées suicidaires était corrélée positivement à la fréquence des épisodes céphalalgiques et à la sévérité de la céphalée, quelle que soit la nature de cette céphalée.
Ainsi, chez les adolescents alléguant des épisodes céphalalgiques survenant entre 7 et 14 fois, le taux d’allégation des idées suicidaires était de 18% alors que lorsque les adolescents alléguaient une céphalée chronique quotidienne le taux augmentait à 28,6%. De même, les adolescents céphalalgiques alléguant un impact fonctionnel mineur présentaient un taux d’idées suicidaires de 7,5% alors que chez ceux alléguant un impact fonctionnel majeur ce taux était de 44,4%. Parmi les différents types de céphalée, la migraine avec aura était celle s’associant au taux d’idées suicidaires le plus élevé (23,9%) par rapport à la migraine sans aura (15,9%) et à la migraine probable (13,7%).
Les auteurs ont ainsi démontré que les deux principaux facteurs déterminant les idées suicidaires étaient la présence d’une migraine avec aura et la fréquence des épisodes céphalalgiques (plus de 7 épisodes dans le mois).

Ce travail est intéressant car il aborde le risque suicidaire, qui a été peu étudié chez les migraineux. Il est particulièrement important qu’il considère le risque suicidaire des adolescents qui a été récemment mis en exergue compte tenu de sa prévalence. Il montre que, comme l’ensemble de la comorbidité psychiatrique, ce risque est plus important en cas de migraine avec aura et si la céphalée primaire est très expressive. Comme cela est discuté par Hershey dans l’éditorial associé à cet article (Neurology 2009, 72 e61 e62), il serait particulièrement intéressant d’évaluer l’évolution de ces idées suicidaires suite au traitement de la céphalée primaire.

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