18.10.09

vertige aigu douloureux

Attention, vertige aigu douloureux !

Il y a des vertiges d’origine centrale sans signes neurologiques. C’est le cas présenté dans cet article, où dans une dissection de l’artère vertébrale, le vertige était isolé. Seul signe associé : la douleur.
Cet homme de 41 ans sans antécédents, en soulevant un réfrigérateur, a ressenti une céphalée occipitale droite brutale suivie d’un vertige et d’algies cervicales postérieures droites. Il ne consulta que quelques jours plus tard en raison de la persistance des symptômes et de l’apparition d’une instabilité avec nausées et acouphènes droits. L’examen neurologique était normal mais il y avait un nystagmus spontané. L’IRM ne fut demandée que parce que le vertige ne s’était pas amélioré après 48 heures de traitement médical ! Elle révéla la présence d’un infarctus dans le territoire de l’artère cérébelleuse postérieure droite. L’Angio IRM montra une occlusion complète de l’artère vertébrale. Le patient fut directement adressé dans le service de neurologie pour traitement.

Commentaire 1. L’incidence des dissections de l’artère vertébrale est de 1,5 pour 100.000. Elles représentent 25% des accidents ischémiques cérébraux de l’adulte jeune et d’âge moyen. Dans 60% des cas, les symptômes initiaux sont des céphalées ou des algies cervicales. Dans 20% seulement, ce sont des signes neurologiques en foyer et dans 20% ce sont des vertiges ou des oscillopsies. L’angiographie autrefois « gold standard » du diagnostic a été détrônée par l’Angio IRM en raison de son innocuité. Seule limite : convaincre qu’on peut demander une IRM en urgence chez un patient sans signes neurologiques parce que c’est un vertige douloureux.

Commentaire 2. Toute rotation cervicale avec hyperextension, surtout si elle est brutale et prolongée, plaque la carotide et les artères vertébrales contre le plan osseux et favorise une dissection. Par exemple après une manipulation cervicale, un plongeon, un accident de la voie publique ou simplement après avoir repeint un plafond. Par conséquent, devant un vertige aigu du type que présentait ce patient, il faut s’abstenir de manœuvres telles que : recherche de nystagmus positionnel, head shaking et manœuvres de Sémont ou d’Epley. En l’occurrence, la présence d’un nystagmus spontané était contraire au diagnostic de VPPB. On ne sait pas si ce nystagmus était de type central : pur, vertical ou torsionnel. L’auteur à plutôt l’air de se féliciter que le patient ne soit pas passé par l’ORL et ses tordeurs de cou.

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